Publié le 05 mai 2026

Donation à l'Inguimbertine

EN AMONT DE L’EXPOSITION « OMBRES DE NAPLES », ERNEST PIGNON-ERNEST ANNONCE FAIRE DON DE PLUSIEURS CENTAINES D’ŒUVRES À L’INGUIMBERTINE

L’exposition « Ombres de Naples » présentée à l’Inguimbertine, Carpentras, à partir du 23 mai 2026, témoigne de l’attachement d’Ernest Pignon-Ernest au Comtat Venaissin. Cette exposition constitue la première pierre d’un lien qui vient s’inscrire dans la durée puisque Ernest Pignon-Ernest souhaite faire une donation de plusieurs centaines d’œuvres à l’Inguimbertine. Elle constituera un fonds de référence de l’ensemble de ses travaux sur plus de 60 ans. Cette donation réunira des œuvres - dessins, esquisses, estampes, gravures, sérigraphies, photographies etc.- ainsi qu’une documentation associée à ses créations ou traitant de son œuvre - composée de livres, imprimés et manuscrits -.

Ernest Pignon-Ernest commente : « C’est dans le Comtat Venaissin qu’en 1966, tentant d’en appréhender la beauté et l’histoire, j’ai conçu cette écriture plastique inscrite « in situ » dans le réel. Depuis, d’Afrique du sud au Chili, de Naples à Naplouse, de La Havane à Port au Prince, j’ai ainsi, à travers le monde, durant soixante ans, développé, aiguisé, densifié cette démarche, approfondi les questions qu’elle pose à la figuration, au dessin, à l’histoire de l’art. Je souhaite réunir à l’Inguimbertine, études, esquisses, dessins, peintures, photographies, estampes, livres : un important ensemble d’œuvres qui témoigneront de matière rétrospective des moments cruciaux et de l’ensemble des étapes de ce parcours que je poursuis encore ».

Premier artiste « à avoir investi les murs, les trottoirs, les façades d’une ville pour visiblement éveiller, réveiller, faire geste de surrection et d’alarme », Ernest Pignon-Ernest est resté attaché au Vaucluse, où il s’exprime pour la première fois « in situ » en 1966, à l’âge de 24 ans, lorsqu’il alerte sur les risques des missiles nucléaires sur le plateau de Sault. Sur les murs, rochers et routes menant au plateau d’Albion, il se met à tracer au pochoir une silhouette tirée d’une photographie d’Hiroshima – seule trace d’un corps irradié. C’est le début de sa pratique : « je cherche à réactiver le potentiel de mémoire des lieux » commente-t-il. Son lien au territoire est toujours resté profond, lié aux poètes qui ont eux aussi laissé leurs empreintes dans le Vaucluse, tels Pétrarque et René Char, sans oublier son attachement au mont Ventoux qu’il gravit dix fois à vélo.

Hervé de Lépineau, Député-Maire de Carpentras : « Je tiens à exprimer ma reconnaissance à Ernest Pignon-Ernest pour ce legs qui honore profondément la ville de Carpentras et démontre ces liens forts qu’il a créés avec le Comtat Venaissin. »

L’exposition « Ombres de Naples », présentée du 23 mai au 1er novembre, revisitera ses créations napolitaines sur la culture latine et méditerranéenne. Le public redécouvrira la puissance de ces images qui s’inscrivent sur des murs chargés d’histoire et font dialoguer le passé avec le monde d’aujourd’hui. Un écho sera fait aux sources qui ont inspiré Ernest Pignon Ernest au travers d’une présentation dans le parcours permanent d’une sélection d’œuvres de l’Inguimbertine.

Cette collection s’inscrira dans la logique de la bibliothèque-musée Inguimbertine qui réunit des fonds d’érudits et d’artistes qui témoignent de la fabrique du savoir et de l’art. Le fonds Ernest Pignon-Ernest viendra ainsi s’ajouter à ceux de Peiresc (XVIIe siècle), d’Inguimbert (XVIIIe siècle), Barjavel, Laurens (XIXe siècle), Raspail, Jouve (XIXe et XXe siècles) etc. et ouvrira ainsi l’Inguimbetine à l’expression artistique contemporaine.

 

Exposition « Ombres de Naples »
23 mai – 1er novembre 2026

 

Biographie

Ernest Pignon-Ernest est né en 1942 à Nice. Il vit et travaille à Paris.

Depuis les années 1960, et avec quelques décennies d’avance sur toutes les formes désormais répertoriées comme « art de la rue », Ernest Pignon-Ernest a mené une aventure qui conjugue maîtrise technique, probité existentielle et faculté d’« habiter poétiquement le monde ». Son parcours concilie une exigence éthique avec une expression artistique singulière, exigeante et novatrice ; au point que certaines de ses images (les fusillés de la Commune et son Rimbaud vagabond notamment) reproduites à des centaines de milliers d’exemplaires, sont devenues de véritables icônes des temps modernes.

Ernest Pignon-Ernest est intervenu du Chili à Soweto, d’Alger à Naples, de la Palestine de Mahmoud Darwich à la plage d’Ostia où Pasolini fut assassiné. Il a traité de thèmes divers, s’inspirant de l’histoire, de la mythologie, de la littérature et de la poésie pour interpeller notre monde contemporain. Signalons, parmi ses interventions ou parcours urbains les plus connus : La Commune, Paris, 1971 ; Rimbaud, de Paris à Charleville-Mézières, 1978 ; Pablo Neruda, Chili, 1980-1981 ; Naples, 1988, 1989, 1990, 1992, 1995 ; Derrière la vitre, Lyon-Paris, 1996 ; Antoine Artaud, Hôpital Charles Foix, Ivry-sur Seine, 1997 ; Robert Desnos/Louise Lame/Gérard de Nerval, Paris, 2001-2002 ; Durban, Soweto, Afrique du Sud, 2001-2002 ; Maurice Audin, Alger, 2003 ; Jean Genet, Brest, 2006 ; Parcours Mahmoud Darwich, Palestine (Ramallah, Naplouse, Gaza), 2009 ; Prison Saint-Paul, Lyon, 2012 ; Pasolini, Rome, Matera, Ostie, 2015.

Depuis sa première exposition personnelle en 1979 à l’ARC, MAM Paris, Ernest Pignon-Ernest a présenté ses travaux dans de nombreux musées et institutions dans le monde entier.

Ernest Pignon-Ernest a été élu membre de la Section Peinture à l’Académie des beaux-arts en 2021, au fauteuil de Vladimir Velickovic.

 

Contact presse 
Briséis Communication
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